Le retour du Bouc

Lévitique 16 nous parle du Jour du Grand Pardon (Yom Kippour) qui est aussi le jour le plus saint du calendrier hébreu. Ce chapitre nous présente une typologie et une terminologie pour le moins intrigantes.

Les versets 7 et 8 ordonnent au Grand Prêtre de prendre 2 boucs puis de les tirer au sort afin de déterminer lequel serait offert en sacrifice à Yaweh (l’Éternel Dieu) et lequel servirait de "bouc émissaire"… du moins, c’est ce que la plupart des traductions anglaises nous proposent.

Le terme "bouc émissaire", traduit par William Tyndale et introduit par la suite dans la traduction KJV de la Bible, est le mystérieux terme hébreu : la'azazel

Bien que ce mot soit mentionné fréquemment dans la littérature extrabiblique, c’est le seul endroit de la Bible où le mot "Azazel" apparaisse. Les spécialistes ne s’accordent pas tous sur son étymologie et donc sur la signification du mot. Il peut signifier "le bouc de la fuite" ou "le bouc du départ", d’où le mot "bouc émissaire". Dans la littérature et la tradition hébraïques, ce nom est celui d’un démon du désert ou celui de Satan lui-même. Dans le livre extrabiblique d’Énoch, Azazel est clairement identifié comme étant Satan :

"La terre a été contaminée par les enseignements d'Azazel. Aussi est-ce lui qui doit être responsable de tous les péchés" (Énoch 10 : 12 à comparer avec Ésaïe 14 : 3-20).

L’un des boucs était "pour Yahweh" et devait lui être offert en sacrifice pour le péché du peuple. Son sang devait être aspergé sur l’arche de l’alliance, et plus précisément sur le propitiatoire (appelé aussi le siège de la miséricorde, une représentation évidente de notre Seigneur et Sauveur, Jésus-Christ).

L’autre bouc était "pour Azazel", c’est-à-dire "pour Satan". Le Grand Prêtre avait l’instruction de poser ses deux mains sur ce bouc émissaire, vivant, et de confesser le péché des israélites et ainsi le "mettre sur la tête du bouc" (ou comme dit l'expression contemporaine : lui faire porter le chapeau). Il était ensuite conduit dans le désert sous la responsabilité d’un homme qui était désigné pour accomplir cette tâche :

"…posera ses deux mains sur la tête du bouc vivant, et confessera sur lui toutes les iniquités… il les mettra sur la tête du bouc, et l'enverra au désert par un homme qui se tiendra prêt pour cela; et le bouc portera sur lui toutes leurs iniquités dans une terre inhabitée; et l'homme laissera aller le bouc dans le désert. (Lévitique 16 : 21-22).

C’est ainsi que les Écritures décrivent ce rituel. La littérature rabbinique, la Mishnah en particulier (Yoma 39a) – ajoute certains détails sur cette pratique :

Les deux boucs devaient être semblables en apparence, poids, coût et âge. Le Grand Prêtre devait apposer sur les boucs une inscription "pour Yahweh" et une autre "pour Azazel", autrement dit "pour Satan". Il attachait ensuite un fil de laine écarlate à la tête du bouc "pour Azazel" (pour Satan) et posait ensuite ses deux mains dessus, confessait ses péchés, ceux de sa famille et ceux d’Israël, puis demandait qu’ils soient pardonnés. Un homme, de préférence un prêtre, devait conduire le bouc jusqu’à une falaise dans le désert et l’y précipiter (Yoma vi. 1-8). La falaise était si haute et si accidentée qu’avant même d’avoir parcouru la moitié de la distance de chute, les membres du bouc se brisaient. Il existe encore aujourd’hui, dans le désert de Judée, un lieu que l’on appelle le "Mont Azazel" où ce terrible rituel est supposé s’être produit.

Mais comment se fait-il que Lévitique 16 ordonne seulement de laisser le bouc émissaire dans le désert et ne mentionne rien au sujet de cette pratique barbare consistant à pousser le bouc du haut d’une falaise ?

La "procédure" a changé après qu'un jour, le bouc émissaire soit revenu du désert – où il avait été laissé – et soit entré à Jérusalem, ce qui a été considéré comme un signe terrible de malédiction (comme si leurs péchés n’avaient pas été pardonnés et qu’ils revenaient pour les tourmenter). C’est à partir de ce moment-là qu’ils adoptèrent cette méthode consistant à jeter le bouc du haut de la falaise, qui respectait tout de même l’instruction biblique de Lévitique 16 de le "laisser au désert", sauf qu’il ne pourrait plus jamais en revenir. Ésaïe 1 : 18 fait symboliquement référence à ce fil de laine écarlate et le Talmud (ib. 39a) déclare que durant les 40 années pendant lesquelles Simon le Juste était Grand Prêtre, le fil de laine écarlate devenait blanc après que le bouc ait été jeté dans le précipice : un signe surnaturel attestant que le péché du peuple avait été ôté.

Le message prophétique est limpide.

Une fois que le "bouc de Yahweh" a payé pour tous les péchés par son sang, le péché est totalement et à jamais ôté de la tête du peuple de Dieu. La culpabilité ainsi que la responsabilité du péché retombent sur la tête de Satan (le bouc émissaire), là où est sa place légitime et là d’où il est venu à l’origine… et il n’en reviendra plus jamais pour accuser le peuple ! Le Talmud dit également que 40 ans avant la destruction du second Temple, soit aux alentours de l’an 30, le changement de couleur du fil de laine écarlate a cessé de se manifester (l.c. 39b).

Je me demande bien pourquoi... :)

Qui donc a exercé un ministère public vers l'an 30-33, soit 40 ans avant la destruction du second Temple ?

Qui est mort comme le "bouc de Yahweh", précisément à cette époque,  afin de payer et ôter les péchés de tous les hommes, pour toujours, si ce n’est Yeshua, c'est-à-dire Jésus-Christ ? (Jean 1 : 29; Hébreux 9 : 12, Hébreux 9 : 26; 1 Jean 3 : 5)

Je ne veux pas offenser les Juifs en disant cela, mais il faut vraiment être aveugle pour ne pas voir ce qu’implique le témoignage de leur Talmud.

Les Évangiles (qui ont aussi été écrits par des Juifs) présentent quelque chose de semblable :

Deux hommes (symboliquement les boucsaccusés de crimes ont été présentés aux Juifs de l’époque et Pilate les a "figurativement" tirés au sort en demandant à la foule lequel des deux devait être relâché, Jésus ou Barabbas ? Les Juifs ont choisi Barabbas, dont le nom signifie "fils du père". Barabbas a été relâché (comme le bouc émissaire), et Jésus est devenu le "bouc de Yahweh" puisqu’il a répandu son sang afin de payer la dette de notre péché (Matthieu 27 : 15-26 ; 2 Corinthiens 5 : 21).

La grande question, c’est la suivante :

Si le bouc "pour Yahweh" représente le Seigneur Jésus, le Christ, quel personnage le bouc "pour Azazel" ou "pour Satan" représente-t-il ? Selon toute vraisemblance, il représente l’Antichrist !

Chaque fois que les boucs sont mentionnés dans la Bible, c’est uniquement en lien avec les sacrifices, les décorations du Tabernacle, ou celles du Temple. La seule fois où un bouc est mentionné en lien avec un individu, c’est en Daniel 8 : 21, qui décrit l’Antichrist, c’est-à-dire Alexandre le Grand.

Comme par "hasard", le nom de la mer Egée (mer qui fait face à une grande partie de la Grèce d'où Alexandre vient), signifie la mer des boucs. C’est de cette mer qu’Alexandre émergera, ressuscité d’entre les morts, comme l'annonce Apocalypse 13 : 1.

Le chapitre 8 de Daniel dit clairement que ce bouc, qui est l’ancien roi de la Grèce :

Il est précisé que la prophétie relative au bouc restera "scellée" (ne sera pas pleinement comprise) jusqu’au "temps de la fin" ou "temps éloigné" (Daniel 8 : 26).

En fait, Apocalypse 19 : 20 dit clairement (de la même façon que le "bouc émissaire" était jeté vivant du haut de la falaise) que ce vieux bouc grec (la personnification de Satan) sera pris et jeté vivant dans le lac de feu.

Le simple fait que cette prophétie ait été "descellée" prouve une fois de plus que nous vivons ce que la Bible appelle : "le temps de la fin".

 

Source : http://www.christconnection.net - traduction et utilisation sur le site http://www.revelation2012.ch autorisée par l'auteur.

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